L'Objet d'Art n° 1 SP du 01/01/2000
Numéro Hors Série  
Hyacinthe RIGAUD
Exposition au musée Bossuet de Meaux
 
Principaux articles référencés pour ce numéro
 
Chez l’illustre monsieur Rigaud Dominique Brême Pages 4-11

Il n’était guère besoin de pousser la porte de monsieur Rigaud : collaborateurs zélés, amateurs bienvenus, curieux embarrassants, modèles embarrassés, livreurs turbulents et servantes ébaubies, tout le monde croisait incessamment tout le monde sur le seuil de l’atelier le mieux fréquenté de Paris. Car monsieur Rigaud dirigeait une entreprise de peinture fastueuse, véritablement, et non de ces officines sombres et silencieuses où l’on pense, trop souvent, que les peintres aiment à se retirer. Rigaud peignait, donc, et faisait salon.

 
Le miroir de Monsieur de Meaux Dominique Brême Pages 12-23

Rien ne montre mieux la permanence en l’homme de l’esprit religieux que les contradictions dans lesquelles se perdent, malgré eux, les esprits forts et libertins. Il en est ainsi de notre siècle qui, pour sourire aux apories de la question théologique et traiter par le mépris les interdits de la morale pieuse, ne comprendrait pas néanmoins qu’un prélat fût assez soucieux de son image pour engager quelque peintre à le flatter aux yeux du monde. Et la raison en est simple : les libertins n’aiment pas que l’on s’affranchisse plus vite qu’eux de ces préjugés qu’ils cultivent par critiques interposées.

 
"Personne n'a poussé plus que lui l'imitation de la nature" Dominique Brême Pages 24-59

En bon amateur, Dezallier d’Argenville a laissé sur les dessins de Rigaud quelques lignes particulièrement sensibles : “Hyacinthe Rigaud se servoit pour ses études de papier bleu & de pierre noire relevée de blanc de craie : ses desseins terminés sont pareillement soutenus d’un lavis d’encre de la Chine, recouvert de hachures à la pierre noire maniée sçavamment : les jours sont relevés de blanc au pinceau avec une précision & une vérité qui enchantent, surtout dans les cheveux, les plumes, les broderies des draperies, les parties de linge & les dentelles. On reconnoît par le beau maniement du crayon & du pinceau, jusqu’à la qualité des étoffes ; le beau fini ne peut être poussé plus loin, joint à l’intelligence des lumières & l’accord des fonds d’architecture & de paysage dont il décoroit ses tableaux : il étoit quelquefois obligé de finir ses desseins, à cause des graveurs qui ont travaillé d’après lui. Ceux qui sont faits au premier coup, sont surprenans pour l’effet : en un mot, tout annonce Rigaud, tout fait connoître la supériorité de ses talens”.

 
Catalogue Dominique Brême Pages 60-71

Pour éviter un nombre considérable de répétitions, les dates de naissance et de mort d’Hyacinthe Rigaud et de Jacques-Bénigne Bossuet n’ont pas été indiquées entre parenthèses à la suite de leur nom ; les mesures des tableaux, dessins, gravures et manuscrits sont indiquées en mètre ; les numéros entre crochets renvoient aux numéros du catalogue correspondants.

 
Hyacinthe RIGAUD L'âge d'or hollandais

 
Sommaire estampille-objetdart.
 
L'Objet d'Art n° 1 SP est un magazine des Editions FATON.