Pour le marchand Vollard puis pour l'éditeur Tériade, Chagall illustre les Ames mortes de Gogol, les Fables de La Fontaine, la Bible, Daphnis et Chloé ou encore Cirque. Aborder le rapport de Chagall et des livres illustrés ne relève pas seulement du recensement des participations, des aléas de l'histoire de l'édition, des rapports entre les artistes et les écrivains, les galeristes. Sujet à part entière, l'étrangeté très douce des œuvres chagalliennes nous invite en réalité à poser la question de la capacité de traduire l'écriture en peinture. La question d'un imaginaire en l'occurrence fondamentalement identitaire suppose que l'on ne laisse pas de côté l'acquisition de la langue de l'autre par la lecture des textes fondateurs étrangers.
Auteur : Surlapierre Nicolas
Magazine : L'Objet d'Art hors-série n° 7 Page : 52-63
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