Dans la première décennie du XIe siècle, alors que s'élèvent les deux portails de Saint-Sernin de Toulouse, les chanoines de la basilique se font les commanditaires d'un véritable programme iconographique, soutien du mouvement de réforme des mœurs du clergé qui se développe alors et qui prône un retour à une vie telle que la menaient les apôtres au lendemain de l'Ascension du Christ. En témoignent notamment l'emploi du marbre, matériau des grandes réalisations des premiers siècles de notre ère et, surtout, le recours aux modèles antiques, que l'on verra également à Compostelle. Le cloître de Moissac quant à lui présente un très grand nombre de motifs historiés – depuis la Chute jusqu'à la prise, toute récente à l'époque, de Jérusalem, en 1099 – qui sont comme l'expression sculptée d'un commentaire des textes sacrés. Une exégèse de pierre, qui ne fut pas pour rien dans le développement de programmes iconographiques de plus en plus ambitieux.
Auteur : Quitterie Cazes
Magazine : L'Objet d'Art hors -série n° 49 Page : 26-37
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