Le pèlerin du XIIe siècle sur le chemin de Saint-Jacques de Compostelle se savait arrivé lorsque la porte de France, située du côté nord du transept de la cathédrale, s'offrait enfin à son regard. C'est par elle qu'il pénétrait dans la grande basilique de l'apôtre. La conception de cette porte monumentale, entièrement sculptée, tout comme les éléments de décoration qui entouraient le maître-autel, doivent beaucoup à Diego Gelmírez et aux voyages qu'il entreprit en France et en Italie. On y retrouve l'influence des grands centres de l'art roman de France ; non seulement celle des sculpteurs toulousains alors actifs sur le chantier de la basilique Saint-Sernin, mais aussi celle des orfèvres français et, bien sûr, celle de Rome, qui prônait alors un retour à l'Église des origines. C'est dans la Ville éternelle que l'évêque de Compostelle conçut notamment le programme iconographique exaltant saint Jacques, qui devait permettre au pèlerin de prier au plus près du corps du saint.
Auteur : Manuel Castiñeiras et Victoriano Nodar
Magazine : L'Objet d'Art hors -série n° 49 Page : 50-59
Retour en haut