N° 345 - Mars 2000 - 8,00 €
ISSN : 0998-8041
La recherche scientifique vient d'élargir le champ de nos connaissances en Histoire de l'Art, dans un domaine peu étudié, celui de l'histoire des gemmes. Dorénavant, l'origine géographique des émeraudes est scientifiquement déterminable. Qu'elles proviennent d'Egypte, du Pakistan, d'Afghanistan, de Colombie, d'Autriche ou d'Afrique, elles n'ont plus de secret pour l'Institut de Recherche pour le Développement (I.R.D.) et le Centre de Recherches Pétrochimiques et Géochimiques-Centre National de Recherche Scientifique (C.R.P.G.-C.N.R.S.) de Nancy. En effet, après avoir étudié la spécificité des émeraudes provenant de tous les sites d'exploitation actuels ou passés, ce laboratoire a établi une base de données des caractéristiques isotopiques des gisements mondiaux. Outre la fiabilité de l'analyse, qui repose sur la spécificité de certains rapports entre les atomes d'oxygène, la nouveauté de la technique et son intérêt majeur pour l'Histoire de l'Art résident dans l'emploi d'une nouvelle sonde considérée comme non destructive. Or, jusqu'à présent, l'analyse des gemmes impliquait une destruction partielle voire intégrale, empêchant tout examen de pierres de collection ou commercialement importantes. Ce nouveau moyen scientifique nous apporte des révélations inattendues sur l'histoire des gemmes. Des sites antiques, inconnus jusqu'à ce jour, au Pakistan et en Afghanistan, sont d'ores et déjà révélés. Un regard plus scientifique est posé sur certains mythes. Réservée à la recherche, la sonde est, depuis septembre 1999, accessible aux musées et aux particuliers via le laboratoire de la Chambre de Commerce de Paris qui vient, à l'instigation de l'Association Française de Gemmologie, de s'en assurer l'exclusivité.
Auteur : Heuzé Michèle
Magazine : L'Objet d'Art n° 345 Page : 52-65
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