La terre vernissée que chacun connaît pour ses couleurs avivées par la brillance de la glaçure transparente est un art ancien.
Il a fallu, pour qu'il naisse, la combustion d'un four dont la fumée s'échappe vers l'extérieur renouvelant ainsi l'atmosphère de cuisson, l'observation d'une goutte tombée de la voûte du four et qui se vitrifie sur la panse d'un pichet ou d'une lampe, la découverte des ingrédients nécessaires à reproduire la composition de cette goutte.
L'histoire de la terre vernissée se compose d'une succession d'apparitions et d'absences au gré des choix de chaque civilisation. Certaines adoptent finalement la porcelaine ou le grès, d'autres retrouvent par moment le goût de la glaçure, de la couleur et du décor.
Les découvertes récentes tant en Asie qu'en Occident ont fait remonter dans le temps l'existence des plus anciennes glaçures plombifères connues actuellement et les analyses en laboratoire établissent la différence entre une glaçure plombifère (présence d'oxyde de plomb) et une glaçure alcaline (à base de potasse et de soude).
Les connaissances actuelles montrent une apparition simultanée de la terre vernissée sous la Chine des Han (206 av. J.-C.-220 ap. J.-C.) et dans l'Occident romain.
Auteur : Pannequin Béatrice
Magazine : L'Objet d'Art n° 340 Page : 66-71
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