«Chez lui, le fond était solide, si la forme manquait d'attrait», écrit E.J. Delécluze en 1855. S'il concerne surtout le caractère de Fabre, «d'une extrême gravité», le mot peut appliquer aussi à son apparence physique. Le peintre n'était guère attiré par sa propre image et ne se représenta que deux fois, au tout début de sa carrière et à la toute fin de sa vie ; nous évoquons ailleurs ces Autoportraits (Musée Fabre). Mais sa collection comporte quelques autres images de lui qui, à des âges différents, font apparaître le même nez trop long, qui lui faisait un profil de «tapir», pour reprendre le mot de Mario Praz, le même front fuyant, la même bouche au pli sévère, le même regard scrutateur et dur.
Le jeune peintre élégant et sérieux, plein d'avenir, apparaît dans le médaillon de marbre blanc que son ami Barthélémy Corneille exécuta à Rome en 1790.
Auteur : Pellicer Laure
Magazine : L'Objet d'Art hors-série n° 2 Page : 96-97
Retour en haut